24.11.2009
Australie - 30 octobre 2008
Sur le ferry pour Lamma, nous rencontrons une australienne, de Sydney, qui passe quelques jours de vacances à Hong-Kong, avant de se rendre à la foire de Guangzhou pour chercher des fournisseurs de tissu. Elle revient de Chine, et nous en parle : « oh, c’est fabuleux, mais c’est différent, tout est différent là-bas. » Je pense, différent de quoi ? D’où cette femme parle-t-elle ?
Sur le ferry du retour, à 5h15, cette fois c’est toute une famille d’australiens que nous avons rencontré. Riches et vulgaires voyageurs, ivres à la bière, deux couples de retraités – jeunes retraités, les femmes bavardes et les hommes silencieux, puis un jeune homme, le fils, en polo rouge, corps musclé, trop conscient de sa propre beauté, courtier, joueur, amateur de rock et de rugby. La famille est venue passer quelques jours à Hong-Kong, justement, parce que le fils voulait y voir un match et, le soir, un concert de rock australien sur invitation, auquel assistera l’équipe des wallabies. La mère et le père ont une maison près de Carcassone ; ils y passent l’hiver « we love it, we love Europe », me crie cette cinquantenaire vulgaire ; et par dessus les trois conversations en anglais qui crient, sont marie, deux personnes derrière, essaie de me demander « Where in France are you from ? Where ? » Puis la belle sœur nous recommande un voyage à Cairns : « it’s beautiful, we’ve got a reef, you’re gonna love it ! »
J’entends le fils parler avec un anglais de Macao : « c’était un port portugais », explique l’anglais, décrivant la forteresse. Mais le fils l’interrompt : tout ce qui l’intéresse, là-bas, c’est les casinos.
Nulle part ailleurs je n’ai vu des nouveaux riches aussi contents d’eux-mêmes. La mère se moque du fils. Elle nous dit qu’il se croit le roi du pétrole, il demande « maman, de l’argent », puis ajoute « on paiera plus tard ». Elle explique « he’s a stockbroker, he’s even got a red shirt ». Précisément, huit ans plus tard, c’est la version masculine de Jamie, l’adolescente insupportable et snob qui, dans We can be heroes, représente Sydney.
06:43 Publié dans australie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cliché, point de vue, vulgarité, nouveaux riches, tourisme, comique
23.11.2009
Singapour - 30 octobre 2008
Bateaux à l’horizon, sur plusieurs plans, dans la brume polluée du port, que je vois depuis un banc sur l’île de Lamma. Silhouettes gris-bleu flottant sur la lumière des vagues. Extensions de l’île sur l’océan. J’entrevois, en les observant, ce que peuvent signifier les eaux territoriales. Etendue marine proche de la terre, et dont les produits – poisson, coquillage – reviennent aux terriens qui la bordent, et qu’on ne peut traverser librement, sans signaler sa présence, car on occupe le champ de vision, car on est aperçu depuis le port. Bateaux comme tentacules de l’homme, jetées sur l’océan. Symbole du marin, la pieuvre – et l’encre, comme le drapeau noir du pirate, ou l’oubli, le grand oubli : sur l’océan, les vagues effacent les traces en quelques minutes, et l’on disparaît au loin, sans conséquences ; on demeure en surface.
06:43 Publié dans Singapour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mer, bateaux, commerce, pêche, pieuvre, surface
Thailande - 30 octobre 2008
Prémisses d’Asie du sud-est à Lamma, petite île au sud d’Hong-Kong, où nous sommes allés pour l’après-midi. Ferry depuis Pier 4, Central, pour 17,70$, et l’on se retrouve dans un village de pêcheurs au fond d’une crique : bateaux et plate-formes flottantes, remplissant presque le port, collines rocheuses à l’arrière-plan, série de restaurants avec terrasses sur pilotis le long du quai. Nous nous arrêtons dans un endroit qui paraît populaire – terrasse presque pleine, de locaux semble-t-il, pas de nappes, un menu sur le côté, prix raisonnables (15$ pour un plat de pieuvre et riz, contre 50 ou 60 dans les restaurants précédents.) Je réfléchis à cet aspect du commerce et du racolage : ici, personne ne s’est jeté sur nous pour nous inviter à manger, brandissant un menu plastifié bilingue. Mais ces gens qui, dans la rue, devant les restaurants, racolent le touriste, il faut bien les payer. Les prix sont donc nécessairement plus élevés. De la même façon que les prix des hamburgers Mac Donald’s sont toujours plus élevés, pour la même quantité et qualité de nourriture, que ceux du petit restaurant local, puisqu’il faut dégager de l’argent pour payer les dividendes aux actionnaires.
Bref, nous mangeons là, de la nourriture simple – poisson sauce aigre-douce et nouilles sautées, café frappé au lait condensé sucré, dans un environnement typique, avec les pêcheurs et les travailleurs du coin, pour moins de 100 $ à deux. Sans doute même la moitié. Des ventilateurs s’agitent au dessus de nos têtes. On nous parle en anglais, mon peu de mandarin ne sert à rien. L’air sent la mer et la pêche. Penchée par dessus la rambarde, une femme qui travaille dans le restaurant jette aux poissons les restes de nouilles sautées laissées par un client.
06:42 Publié dans Thailande | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : restaurant, terrasse, vacances, nourriture, commerce, racolage, publicité.
22.11.2009
Japon - 30 octobre 2008
Comme à Tokyo, tous les endroits passants de Hong Kong ont des distributeurs automatiques – il y en avait même sur le chemin reliant Hung Shin Yeh beach et Yung Shue Wan. On y vend même, comme à Tokyo, du pocari sweat et du Calpis. Comme à Tokyo, la ville est pleine de salons et d'instituts de beauté, promettant nouvelle jeunesse et plein d'énergie. Mais tandis que les japonais, sur leurs prospectus, montraient d'étranges images d'électrodes et de pinceaux lumineux posés sur des visages féminins étrangement souriants, j'ai vu sur les prospectus de Hong Kong des images plus habituelles de pieds flottant au milieu de pétales et de mains caressant un dos nu. Le corps se dérègle et doit être remis en place dans les deux pays, mais au Japon, c'est le rôle d'un appareillage technologique, tandis qu'en Chine, on le fait à la main, dans un décor de fleurs et de bambous. De même, ici, le rôle du costume est limité. Petites filles en robes de princesses, ou costumes de sorcières pour halloween ; mais les vêtements qu'on voit dans la rue ont pour fonction surtout de couvrir le corps sans l'étouffer.
06:41 Publié dans Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : commerce, distributeur, boissons, nature, salon de beauté, technologie, costume
21.11.2009
Chine - 30 octobre 2008
Je comparais la Chine à la Méditerranée : le village de Yung Shue Wan, au nord de l’île de Lamma, ressemble étonnamment à n’importe quel village de vacances construit sur un ancien petit port de pêche, en Italie, Grèce, ou sur la Côte d’Azur – les rochers légèrement rouges font penser à la côte de l’Esterel. Et même le petit pavillon au toit recourbé, style pagode, pourrait être la folie d’un riche anglais, qui se serait enrichi dans le commerce avec l’Extrême-Orient, puis se serait fait construire un palais paradisiaque au soleil. Non loin de là, des retraités à la peau rouge observaient la mer et les bateaux de pêche, assis sur les balcons de l’hôtel Bali. Comme en Grèce, on sert partout du café frappé. Une petite fille en robe de princesse blanche et chaussures argentées fait la danse du sac au milieu de la salle d’attente, et sur sa gauche, agité par les vagues, le ferry d’HKKF débarque ses passagers, venus pour la soirée manger des coquillages ici.
06:40 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : méditerranée, tourisme, vacances, café, coquillages
Belarus - 30 octobre 2008
Depuis un banc sur l’île de Lamma, contemplation des navires à l’horizon sous le soleil. Bonheur paisible, et comparable à ce que j’ai ressenti dans d’autres ports familiers, à Nice, Marseille, Gênes, au Grau-du-Roi, aux Saintes-Maries de la Mer. Et le sentiment qu’après la longue traversée continentale de l’Asie, j’ai mérité de vivre au bord de la mer, et de rêver face aux bateaux qui partent. Il fait chaud sur l’île, il y a du soleil, je transpire en chemise, et je cherche l’ombre : après la traversée de l’hiver nordique, polonais, biélorusse et sibérien, je jouis aussi, face à la mer, de la lumière et de la chaleur tropicales, avec bonheur, paisible.
06:32 Publié dans Belarus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mer, climat, chaleur, familiarité, méditerranée, échanges, port, bateaux, bonheur


