28/04/2012
Marco Polo Project - construire des ponts vers la Chine
Chers visiteurs de ce blog, si l'Asie vous intéresse, je développe depuis l'Australie un site de traduction collaborative, proposant des écrits chinois contemporains. Vous pouvez y accéder depuis l'address suivante: http://marcopoloproject.org.
Si le projet vous intéresse, et que vous souhaitez collaborer, vous pouvez me contacter à info@marcopoloproject.org
00:12 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
16/09/2011
Sejour en Chine
Une note posthume sur ce blog, qui je vois est encore très visité: en juillet-août 2011, j'ai passé 7 semaines à Tianjin, et je décris ce que j'y ai vu dans un blog en anglais - www.thefakechina.wordpress.com
08:08 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
20/03/2010
Australie - 15 décembre 2008
Perth, lumière éclatante, ciel bleu, sur le sol, feuilles sèches et morceaux d’écorce. Première impression de l’Australie, cette légèreté de la sécheresse. Le linge sèche en quelques heures, il n’est pas saturé. Petite brise, il ne fait pas trop chaud. Nous prenons un café à la terrasse du « caffissimo », devant le musée des beaux arts, après falafels et kebabs hallal au déjeuner. Retour à l’atmosphère méditerranéenne, de l’autre côté du globe. Mâtinée d’Angleterre, une galerie dans le centre de Perth, « Ye Olde London Gallery », reproduit une sorte d’Angleterre mythique, avec des fenêtres à grilles de plomb, des statues de gardes et des pavés. On y vend des kangourous en peluche, des gilets de bushmen et des bottes « ugg » fourrées. Les figures sont arrondies, les peaux blanches et les cheveux très blonds, mais on voit quelques asiatiques, chinois, indiens, ou des visages plus basanés, méditerranéens.
Le musée de Perth présente une exposition d’art aborigène. Les artistes sont identifiés par leur nom, la notice donne leur biographie personnelle, et s’efforce de donner sens à leur œuvre. Ils ne sont pas d’abord interprétés comme représentants typiques de telle ou telle culture aborigène, mais comme individus, qui dans leurs toiles rendent compte d’une certain expérience du monde, du point de vue d’un individu qui se trouve être aborigène.
Les tableaux sont drôles. Gordon Hookey représente une toile pleine de têtes de kangourous, cernés de jaune vif, et le visage d’une femme aborigène blonde au milieu d’eux. La même femme décapite un homme d’affaires d’un coup de pied dans « Black Cunt ». Un texte en majuscules rouges dit « There ! Take that ! For the racist, sexist, colour prejudicial thought you think ! » La tête à peau rose, détachée sur la droite, porte des drapeaux britanniques dans le verre des lunettes… Cette femme, la même, domine l’Australie, mains sur les hanches, petite robe rouge et talons hauts, la tête au milieu des étoiles, dans une grande toile verticale.
Les représentations historiques sont remises en cause, critiquées ; les techniques de représentation traditionnelles des aborigènes sont utilisées, développées, adaptées. Le résultat est stupéfiant de beauté et d’intelligence. Ces collections témoignent, autant que je puisse en juger, d’un effort réel pour intégrer les aborigènes, comme individus, dans le collectif politique, social et culturel australien, sans les forcer à s’assimiler, mais sans, non plus, les tribaliser, les kitschifier. La surprenante qualité du travail artistique est le résultat de cet effort collectif de dialogue entre les différents auteurs de l’histoire australienne.
Ce point de vue des visiteurs est lui-même pris en compte. Une section du musée consacrée à la représentation de l’histoire coloniale indique « Please, be advised that there are strong social and political narratives within this space which may be confronting for some viewers. » Le pouvoir de l’image est reconnu – prise en compte, adaptée, d’un tabou aborigène sur l’image des morts. Une annonce indique ainsi, lorsqu’un film est projeté, que des visages de personnes décédées pourraient apparaître, et choquer certains spectateurs.
Puis nous allons voir le dernier Baz Lurman au cinéma Paradiso, près du musée, dans la partie nord de la ville. Sièges un peu vieux, pas de climatisation réfrigérée, Gotan Project en bande son. Une publicité pour walkabout Australia présente une new yorkaise stressée qui part en Australie « She departed as Mrs Jones, VP of Sales. She came back as Kate. »
Le film commence par une arrivée : Nicole Kidman vient examiner les propriétés de son mari dans le Territoire du Nord, depuis l’Angleterre. Suit une grande romance, en style harlequin sur fond de guerre, mais traitée parfois comme une parodie, avec l’idée de derrière. L’arrivée de Nicole, chargée de valises, évoque le début de La Pianiste. Mais quand Hugh Jackman fait s’envoler soutien-gorges en dentelle et nuisettes satinées, utilisant la valise qui les contient comme arme de poing dans une bataille de pub, on prend de la distance. Plus encore lorsque Nicole s’exclame devant la beauté d’un troupeau de kangourous, que la pellicule nimbe de lumière comme une photographie de Pierre et Gilles, jusqu’à ce qu’un aborigène en abatte un, depuis le toit de la voiture ; d’où coule une grosse goutte rouge de sang, sur la vitre de Nicole. Distance, ironie, beauté, sens du possible : ainsi Baz peint-il le caractère australien.
Nous avalons dans un quelconque restaurant tenu par deux chinois, un délicieux fish and chips, avant de retourner chez les Schulze, où nous attend un plat de pâtes au kangourou. Les asiatiques dominent le centre-ville et le train vers Thornlie, rappelant nos voyages précédents. Des figures noires montent un peu plus loin. Je ne sais pas s’il s’agit d’africains ou d’aborigènes. Pont, rivière, coucher de soleil sur le stade, et le train roule à travers un parc, au milieu des eucalyptus.
05:38 Publié dans australie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : lumière, sécheresse, légèreté, café, méditerranée, europe, héritage colonial, kitsch, tourisme, multiculturalisme
Indonésie - 15 décembre 2008
L’Indonésie, comme l’Australie, a sur son territoire de nombreuses tribus indigènes, chasseurs-cueilleurs, ou pratiquant une agriculture très rudimentaire. Mais du fait de la présence hollandaise, et des dynamiques de la décolonisation, ils n’apparaissent pas comme victimes de l’histoire. L’arrivée des malais, l’influence de l’Islam, et la domination de Java sur les îles orientales, tous ces phénomènes n’apparaissent pas de façon si nette qu’en Australie. De ce fait, les aborigènes n’ont pas le pouvoir politique et symbolique dont ils jouissent en Australie. L’effort dialogique pour écouter la multiplicité des lois et des voix constituant l’histoire et l’éthique du pays n’est pas aussi dominante. Et les colons sont rentrés en Europe.
05:34 Publié dans Indonésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ethnologie, aborigines, colonialisme, oubli, histoire, europe
19/03/2010
Indonésie - 14 décembre 2008
Leah, la sœur de Clare Schulze qui nous héberge, a pris des cours d’indonésien à l’école – mais se plaint des méthodes : elle n’en a rien retenu. Puis elle a fait de l’espagnol, dont restent des bribes ; et maintenant, se met à l’arabe, après un voyage au Maroc, mais veut un cadre qui convienne, pour apprendre vraiment. Depuis Perth, ce n’est pas absurde, on est sur l’océan indien. Leah nous disait qu’il est moins cher et moins long de passer le week-end à Bali qu’à Melbourne ou Sydney. Dubaï n’est qu’à dix heures d’avion, on se rend partout en Europe et dans le Moyen-Orient depuis là.
L’Afrique n’est pas loin non plus. Le mari de Clare, Tyson, est originaire d’Afrique du Sud, comme une personne sur treize à Perth. Proximité culturelle et linguistique, culpabilité collective pour la façon dont les indigènes ont été traités.
05:33 Publié dans Indonésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cours de langue, arabe, afrique, indigènes, colonialisme
Allemagne - 14 décembre 2008
A Perth, nous sommes hébergés par Clare et Leah Schulze, amies de Philip, issues comme lui des vieilles familles allemandes d'Australie du sud. Filles de pasteur. Elles nous ont ce matin convié au service religieux qu'elle organise pour sa « community church », dans un faubourg de Perth. Organisation très élégante, en style Taizé oecuménique, avec powerpoint et rétroprojecteur à l'appui. La congrégation se compose de transfuges chrétiens, qui délaissent un moment leur dénomination d'origine pour se rassembler de cette façon, puis retournent à leurs églises respectives. Elle se situe dans la tradition luthérienne, allemande, non seulement par l'introduction d'un hymne du psautier luthérien, mais aussi par le mélange d'ouverture formelle et d'intelligence théologique.
Chants plutôt bien choisis dont un qui mentionne le lancement de l' « opération Jésus » par Dieu pour mettre un terme à l'empire du diable. Humilité des prières, humour léger, grande acceptation. Dialectique de la réflexion : réfléchissant à la période de l'avent, Clare commence par évoquer le désir de se retirer sur une île ou sur une falaise, pour méditer sur la venue du seigneur, et résister au consumérisme ambiant. Mais – la réflexion se poursuit – c'est avec les pêcheurs, avec les consommateurs effrénés, que se trouverait le Christ, et non dans le désert, coupé du monde. Puis un montage où des illustrations d'un livre pour enfants sur la naissance du Christ alternent avec les articles de la déclaration des droits de l'homme.
Ces héritiers de pasteurs allemands, fuyant la Prusse au 19e siècle, évangélisant les aborigènes et développant la culture du vin dans la vallée de la Barossa, sont le noyau de la vie spirituelle en Australie. Germes d'Europe, de liberté, de christianisme, poussant sur le sol étranger.
05:32 Publié dans Allemagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : religion, christianisme, oecuménisme, intelligence, protestantisme, humilité, humour, avent, pêché, isolement


