12.12.2009
Allemagne - 8 novembre 2008
La ville d'Hué semble étrangement populaire auprès des allemands : tout à l'heure, dans la cité impériale, un énorme groupe circulait entre les pavillons délabrés en allemand, et plusieurs personnes que nous avions croisées entre le phénix jaune et les courts de tennis de impériaux, parlaient aussi l'allemand. Nous venons maintenant de suivre deux cinquantenaires allemands, blonds, sportifs et bien préservés, dans la « boulangerie française » derrière Huong Vuong. Elle boit un nescafé, lui, le café traditionnel vietnamien, qui filtre lentement à travers un cylindre en métal.
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06.12.2009
Allemagne - 5 novembre 2008
Vestige peut-être d'une vieille amitié communiste germano-vietnamienne, je trouve dans une rue du quartier français d'Hanoï un « Kaiser Kaffee », sorte de Winstub ou Bierstub à colonnes et voûtes boisées, nappes à carreaux sur les tables et saucisses au menu, qu'on atteint au débouché d'un long corridor étroit. Même lumière, même intimité chaleureuse qu'en Autriche ou qu'en Alsace, si ce n'est que le poële est ici remplacé par la clim. Je demande en allemand « Milchkaffee » - le menu donne les noms des plats et boissons en trilingue ; mais la serveuse me regarde interloquée, je dois pointer sur le papier. Sept hommes à ma droite, asiatiques, boivent de grands verres de bière brune.
01:18 Publié dans Allemagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : bar, ambiance, langage, bière, café.
25.11.2009
Allemagne - 31 octobre 2008
06:45 Publié dans Allemagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : eglise, luthéranisme
08.11.2009
Allemagne - 25 octobre 2008
Le diable, au début de Faust, apparaît d'abord sous la forme d'un barbet. Même après cela, n'a-t-il pas des traces d'animalité ? Les êtres humains n'ont pas cette possibilité dans les terres chrétiennes, et sont isolés du monde animal. Mais les réincarnations bouddhistes et les démons renard de Chine ou du Japon brouillent cette barrière entre les espèces. Seraient-ils des figures effrayantes de la dissolution finale ? A Pékin, Ming nous a fait voir un film où quelque déesse révélait son visage en arrachant son masque de chair : masse grouillante, une multitude informe et changeante, épouvantable. Est-ce la figure du diable, un tel grouillement sans forme et sans fin ?
05:52 Publié dans Allemagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : animaux, métamorphoses, diable, mort
03.11.2009
Allemagne - 23 octobre 2008
Fascination, toujours, pour la 2e Guerre Mondiale : Nancy Huston lit un passage de son dernier roman, Lignes de faille, prix Femina 2006. Il se termine par un long chapitre où le narrateur est Christina, petite fille allemande en 1944, qui dans le bain joue à « Heil Hitler », imitant le salut nazi sur le mode comique avec sa copine. L'année d'après, Les Bienveillantes de Jonathan Littel, toujours la 2e Guerre Mondiale, et l'Allemagne, et les juifs, Hitler. Histoire hyper-polarisée, que ne veut-on pas voir ? Pendant ce temps, les italiens de Wu Ming écrivent Giap !, 54, et Manituana, déplaçant enfin le projecteur de l'histoire vers le Vietnam, la Guerre Froide, ou les indiens d'Amérique. Accompagnant le siècle nouveau d'un changement chronologique majeur : la Deuxième Guerre n'est plus l'événement principal dans l'histoire de l'humanité. Ce n'est plus en rapport à cet événement qu'on peut comprendre le monde actuel.
02:12 Publié dans Allemagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : histoire, holocauste, nazis, juifs, deuxième guerre mondiale, hitler, références
29.10.2009
Allemagne - 22 octobre 2008
Vu sur Rippongi Hills, à côté d'un jardin d'enfants au sol en mousse anti-chute, une église luthérienne moderne, avec au fronton, gravé dans la pierre, sola gratia, sola fide, sola scriptura.
01:58 Publié dans Allemagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : religion, exotisme, protection, protestants
26.10.2009
Allemagne - 21 octobre 2008
Dans un magazine de voyage, nous lisons trois articles sur les capitales européennes de la bière : Bruxelles, Prague et Munich, bien sûr. Bocks d'un litre et bavaroises en costume, et 4 conseils pour l'Oktoberfest : plan ahead, go early, stay hydrated, shop around.
01:53 Publié dans Allemagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, tourisme, kitsch
13.10.2009
Allemagne - 16 octobre 2008
Intéressant, toutefois, le début de l'exposition consiste en une série de travaux sur la Grand Place de Shanghai, People's Square. On voit des peintures d'étalage – nouveau consumérisme chinois, sorte de pop art à la Warhol, étiquettes reproduites des dizaines de fois et, plus intéressant, des livres réduits à leur tranche. Une vidéo qui montre un homme africain, grand, boîte en carton sous le bras, djellaba rayée, debout immobile au milieu d'une rue passante, entouré de visages asiatiques souriants. Puis il serre la main d'une belle jeune femme, téléphone portable à la main, et s'approche d'une autre, en perruque blonde. Atmosphère de thriller, mais aussi reconfiguration des rapports. Scène d'intérieur, l'africain porte un costume d'homme d'affaires, et la perruque blonde chante une chanson sensuelle dans une atmosphère bleutée.
Plus loin, figure fine et espiègle d'une voyageuse peinte par Liu Ye, grand montage de photos et dessins reproduisant des visages de chinois et d'occidentaux, cage avec des télévisions connectées à des caméras qui filment le public et des coussins verts, dessins bizarres montrant les connections entre « wo » et « ni », photo floue devant laquelle se fait photographier une belle jeune femme très maigre.
Remarquable : il y a beaucoup de texte en anglais dans les toiles et les installations vidéo : chanson de la blonde, phrases qu'un artiste superpose à des images de google earth : « she is from inside the extrication, She is from the bad luck, he sacrificed in the eve » - moquerie peut-être du mauvais anglais qu’on lit sur les panneaux asiatiques.
Plus juste, à mon avis, cette installation de T-shirts rouges imprimés de noir et d'or, suspendus à de grosses cordes 1m80 au dessus du sol, et qui rappellent tous les vêtements que j'ai vu sécher dans la rue. C'est le seul qui semble vraiment partir de cette ville, et des formes esthétiques qu'elle développe. Mais l'art contemporain ne va pas dans cette direction. Preuve Ayşe Erken, germano-turque, qui présente une installation vidéo montrant un film shanghaïen diffusé dans l'avion lors d'un film sur Singapour, et proposé comme méditation sur le thème que l'artiste n'a pas le temps de travailler in situ. Un autre allemand produit les images floues photographiques retravaillées par ordinateur. Mais quelle est la fonction d'un tel événement ? Qui le paye ? Que veut-on y faire voir ?
Au passage, une vieille vidéo montre le port de Shanghai dans les années 30 ou 40 : les ballots descendent des treuils au rythme de Lili Marlene, puis un air de jazz swingué succède à la voix de Marlène, affirmant sans doute le cosmopolitisme essentiel de la ville.
Beaucoup plus intéressante est la série de sculptures proposées par Yue Minzin, Colorful running dinosaurs, une série de dinosaures de couleur vive, à tête humaine, arrangés le long d'un couloir, et rappelant les grandes galeries de l'évolution. Tout à l'heure, une jeune femme se faisait prendre en photo parmi les statues, jambe levée, cou tendu. La garde n'a pas bronché lorsqu'en reposant le pied par elle, elle a manqué de peu le petit dinosaure vert et violet qu'elle n'avait pas vu. Rires d'elle et de sa copine.
01:42 Publié dans Allemagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art contemporain, grammaire, prestige, dada, histoire, jeu
03.10.2009
Allemagne - 13 octobre 2008
A Berlin, nous avions visité le musée juif, et lu les témoignages d'émigrés allemands partis pour Shanghai. La ville semblait alors infiniment lointaine. Depuis hier, nous sommes dans cet ailleurs oriental. Et plutôt à l'aise. Bien sûr, Shanghai 2008 n'a rien à voir avec Shanghai 1940. Rien ? Peut-être pas : ville commerçante, anarchique, ouverte. Et le dessin des rues, le climat, la chaleur (28 degrés, dix de plus qu'à Beijing, et sans doute 15 de plus qu'à Berlin), l'air légèrement humide.
La ville, après la longue traversée de la Sibérie puis de la Mandchourie, le transit par Pékin, puis la descente vers le sud, a dû leur apparaître comme une terre promise. Après la violence et le mal être de Beijing, c'est ainsi qu'elle nous apparaît.
00:59 Publié dans Allemagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : climat, richesse, cosmopolitisme
27.09.2009
Allemagne - 10 octobre 2008
Mike, un couchsurfer allemand qu'héberge en même temps que nous notre hôte philippin, nous montre des photos d'Allemagne : vue du pont le plus vieux d'Europe, dans sa ville natale en Bavière ; chiens, couple dans les blés. Puis une image amusante : un lapin de Pâques (costume) qui manifeste avec un panneau « ich bin dagegen » au milieu d'un marché de Noël.
Plus tôt, grand repas d'expats. Effrayant. Racisme et néocolonialisme : un groupe de douze, une seule chinoise (Béatrice, hôtesse de l'air), deux allemands, un philippin, deux français, une danoise, une canadienne, et des américains. Des commandes compliquées (pas trop épicé, végétarien, ceci, cela) ; puis le riz qui n'arrive pas, qui finit par arriver, trop tard, on le renvoie. Béatrice doit traduire, deux hommes se lèvent d'une table à côté pour trinquer avec nous – sympathiques, hospitaliers – la tablée d'expats soulève son verre avec un sourire en coin. Personne qui salue les chinois avec sympathie.
Tout ce petit monde, imbibé déjà de bière, va boire encore dans un autre bar, puis une boîte de nuit pleine d'occidentaux, quelques chinoises vaguement timides, américains ivres, un pogo commence, et je sors en avance pour protéger mes tympans.
Pourquoi ces gens sont-ils là ? La plupart donnent des cours d'anglais, parlent à peine chinois. L'allemand revient de Corée du Nord : « je voulais voir de mes propres yeux, mais on ne peut rien voir, mais je suis content d'avoir vu qu'on ne pouvait rien voir. » Une autre allemande fait un master de finance, et son université la force à prendre des cours de chinois – la pauvre – alors que d'autres étudiants dans son université font le cursus tout en anglais. Une canadienne explique que son université de Montréal l'envoie pour coordonner les échanges et donner des cours d'anglais aux partenaires chinois. La danoise interrompt ses études pour venir enseigner l'anglais à Beijing ; un français me raconte, avec un air désabusé, qu'il est venu pour apprendre le chinois, mais qu'il est trop paresseux, qu'il passe la journée sur internet, qu'il fréquente uniquement des couchsurfers, et qu'il est terriblement déprimé. J'essaie de le soulager, en disant que la France va mal et qu'il est mieux là. Ca n'a pas l'air de beaucoup l'enthousiasmer. Il m'explique qu'il va partir en Asie du Sud Est, et prendre là-bas des cours de photo. « Random. »
09:10 Publié dans Allemagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : expats, grossièreté, nourriture, dépression, hippie, couchsurfing


