30.09.2009
Cambodge - 11 octobre 2008
Je verrai sans doute à Phnom Penh, avec Qiu Yi, le milieu des expatriés. Nous en parlions avec Philip ce midi. Problème des expatriés de Beijing – et surtout la horde des professeurs d’anglais : ce sont des provinciaux incultes, à peine débarqués du Wisconsin ou du Dakota, qui, parce qu’on les paye grassement à tenter d’apprendre la langue mondiale aux asiatiques, se sentent infiniment supérieurs. Ne sont-ils pas professeurs, et mieux payés ? Leurs étudiants ne sont-ils pas tous bêtes, incompétents, mous – comme la plupart des étudiants partout dans le monde, et s’ils ne l’étaient pas, que feraient-ils dans une salle de classe : mais non, ces expatriés se prennent au sérieux, fricotent entre eux dans les quelques bars et clubs à la mode, en méprisant souverainement les indigènes qui les entourent. Exactement comme au temps des colonies.
09:28 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : colonialisme, mépris, bêtise, éducation, anglais, expats
Chine - 11 octobre 2008
Canard laqué grand style, Da Dong : Ming nous a trouvé ce fabuleux restaurant, juste à côté de l’auberge où nous logions. Rituel de la peau, petites crêpes, présentation de la tête ; puis on nous sert un trou normand à la pékinoise, glace à la courge et crème de tofu, puis jujubes et melon sur lit de fumée.
Vers 4 heures, je me suis installé dans un tea house juste à côté de ce restaurant. Très chic, terriblement chic. A ma droite, un aquarium mural me sépare de la rue. De l’eau coule le long de la muraille, agitant la surface de l’aquarium. A ma droite, encadrement de bois sculpté, grande plante en pot, salle rouge. Un chinois d’une trentaine ou quarantaine d’années est assis là, téléphone portable à la main, toute une série d’instruments complexes devant lui. Je ne suis pas rentré sans hésiter : Ming est avec une copine, Philip suit quelqu’un, je passe l’après-midi seul. Mais j’ai voulu tenter – j’aimais cette muraille d’eau, j’avais besoin de calme et de repos, je ne voulais pas attendre une heure et quart au bord de la voie rapide le rendez-vous de 6h30 avec Ming, ou m’installer dans le starbucks du Pacific Mall. Le chinois me regarde, intrigué – j’ai sans doute commis déjà quinze faux pas majeurs, quand les trois serveuses en robe longue m’ont proposé « lu cha », et que j’ai demandé juste un verre de thé amer de Hainan. Tant pis, je suis là, j’ai mon carnet à la main, mon livre, et j’ai l’impression de découvrir quelque chose. On est bien, dans ces salles de thé.
Les toilettes du salon de thé sont, du sol au plafond, couvertes de mosaïque or et noir. Au centre, la fosse émaillée des toilettes à la turque, avec la marque en lettres dorées : Toto. Sur la cuvette, une ligne de marron, trace d’un précédent passage. Aucune brosse à disposition pour l’effacer. Même dans les endroits les plus luxueux, donc, le sale reste sale : j’ai fait la même expérience à midi, dans le restaurant de canard laqué.
Dernière soirée : restaurant italien, Gino café. Musique gitane en boucle (lai, lo lai lo lai), pizza, pâtes et poulet méditerranéen. Dehors, devant le stade des travailleurs, des quarantenaires et cinquantenaires dansent la salsa : mouvements plutôt militaires, peu de déhanché. Une femme en bleu, toute seule, sautille sur place avec un grand sourire.
09:22 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nourriture, restaurant, étiquette, thé, toilettes, sale, danse, exotisme, occident
29.09.2009
Russie - 11 octobre 2008
En lisant le livre de Naipaul sur les musulmans d’Asie, je comprends de quel pays, sans doute, la Russie se rapproche le plus : d’Iran, transition de l’Europe à l’Asie. D’ailleurs, ils sont frontaliers.
09:19 Publié dans Russie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : iran
France - 11 octobre 2008
Par hasard, trouvé ce matin dans le quartier du Lido, près de chez notre hôte, une boulangerie « comptoirs de France », où je mange un pain au chocolat et un pain aux raisins, devant une tasse d'expresso. La pâtisserie n'est pas parfaite, à Paris, je ne retournerais pas dans une boulangerie qui servirait de telles viennoiseries, mais ici, c'est une parfaite bouffée d'air. Et 47 yuans pour le tout, ce n'est pas excessif. Prix parisiens, quoi. Je vais ramener à Philip un assortiment de macarons.
09:17 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nourriture, nostalgie, café
28.09.2009
Malaisie - 10 octobre 2008
Ce matin, discussion sur le bouddhisme avec Philip. Tous les deux d’accord sur notre rejet. Très impatients d’atteindre la Malaisie, pour être, au moins, dans un monde monothéiste, où l’on peut parler de théologie, où l’on est en rapport avec un système de justice venu de Dieu.
Principal élément du bouddhisme qui me déplaît, cette appartenance au monde, et l’absence de scandale. Tout a sa raison, pas d’injustice – pas de crucifixion.
Qu’en est-il des musulmans ? Si je me souviens bien, le Coran reconnaît la divinité du Christ, mais pas sa mort. Dieu l’a remplacé par un autre qui lui ressemblait.
09:15 Publié dans Malaisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : religion, bouddhisme, monothéisme, scandale
Chine - 10 octobre 2008
Secret, peut-être, de la Chine : on raconte que les gens travaillent dur, mais en vérité, la productivité ne suit pas. Vingt minutes pour servir un café, des balayeurs qui poussent feuille après feuille ; sans parler des taxis qui ne savent pas où ils vont. Même Ming semble totalement incompétente professionellement, et malgré ses nombreuses relations, n’a pas l’air de vouloir trouver un travail, ou savoir comment s’y prendre. Alain, notre philippin, professeur d’anglais, nous dit qu’il n’est pas du tout stimulé intellectuellement par ses étudiants, qui croient tout ce qu’il leur dit, sans jamais rien remettre en question. Conséquence du système communiste, ou caractéristique de Beijing, ville du pouvoir et du contrôle des esprits ? Quoi qu’il en soit, la chose est épuisante.
Heureusement, quelques découvertes. Ainsi le café sur le toit, dans la zone 798 où nous sommes revenus aujourd’hui (notre hôte habite à côté), et le travail des frères Gao, dont Philip feuillette un catalogue : performances, installations, nudité, religion, travail du symbole. Un étage plus bas, une américaine s’extasie.
Nostalgie d’Europe : Moussaka dans un restaurant grec de l’espace 798. Couteau, fourchette ; tomates, fromages ; pain, huile d’olive. Peintures grecques au mur, fond sonore de sirtaki. Première fois que je pense, fortement, « sick of Asia ».
09:14 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : travail, incompétence, paresse, communisme, art, dégoût, nourriture
27.09.2009
Pologne - 10 octobre 2008
A Beijing, soirée d’expats, orchestrée par notre hôte philippin. Des américains, des européens du nord ouest (Allemands, Danois, Français), mais pas de Polonais, de Tchèques, de Lettons, de Slovènes ou de Bulgares ; pas non plus d’Italiens, de Grecs ou de Portugais. L’Europe des expats, et l’Europe des migrants, c’est ainsi que Philip a résumé la chose. D’un côté, ceux qui maîtrisent la langue globale, et vont l’enseigner, ou profitent des bénéfices qu’apporte la mondialisation. De l’autre, ceux qui vont s’installer, de façon stable, à l’étranger, parce que la situation chez eux n’est pas prometteuse, qu’ils n’ont pas de perspectives, pas d’emploi, pas d’argent. Deux Europes, donc, toutes les deux bougent, mais différemment.
09:12 Publié dans Pologne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, expats, migration, anglais, mondialisation, couchsurfing
Allemagne - 10 octobre 2008
Mike, un couchsurfer allemand qu'héberge en même temps que nous notre hôte philippin, nous montre des photos d'Allemagne : vue du pont le plus vieux d'Europe, dans sa ville natale en Bavière ; chiens, couple dans les blés. Puis une image amusante : un lapin de Pâques (costume) qui manifeste avec un panneau « ich bin dagegen » au milieu d'un marché de Noël.
Plus tôt, grand repas d'expats. Effrayant. Racisme et néocolonialisme : un groupe de douze, une seule chinoise (Béatrice, hôtesse de l'air), deux allemands, un philippin, deux français, une danoise, une canadienne, et des américains. Des commandes compliquées (pas trop épicé, végétarien, ceci, cela) ; puis le riz qui n'arrive pas, qui finit par arriver, trop tard, on le renvoie. Béatrice doit traduire, deux hommes se lèvent d'une table à côté pour trinquer avec nous – sympathiques, hospitaliers – la tablée d'expats soulève son verre avec un sourire en coin. Personne qui salue les chinois avec sympathie.
Tout ce petit monde, imbibé déjà de bière, va boire encore dans un autre bar, puis une boîte de nuit pleine d'occidentaux, quelques chinoises vaguement timides, américains ivres, un pogo commence, et je sors en avance pour protéger mes tympans.
Pourquoi ces gens sont-ils là ? La plupart donnent des cours d'anglais, parlent à peine chinois. L'allemand revient de Corée du Nord : « je voulais voir de mes propres yeux, mais on ne peut rien voir, mais je suis content d'avoir vu qu'on ne pouvait rien voir. » Une autre allemande fait un master de finance, et son université la force à prendre des cours de chinois – la pauvre – alors que d'autres étudiants dans son université font le cursus tout en anglais. Une canadienne explique que son université de Montréal l'envoie pour coordonner les échanges et donner des cours d'anglais aux partenaires chinois. La danoise interrompt ses études pour venir enseigner l'anglais à Beijing ; un français me raconte, avec un air désabusé, qu'il est venu pour apprendre le chinois, mais qu'il est trop paresseux, qu'il passe la journée sur internet, qu'il fréquente uniquement des couchsurfers, et qu'il est terriblement déprimé. J'essaie de le soulager, en disant que la France va mal et qu'il est mieux là. Ca n'a pas l'air de beaucoup l'enthousiasmer. Il m'explique qu'il va partir en Asie du Sud Est, et prendre là-bas des cours de photo. « Random. »
09:10 Publié dans Allemagne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : expats, grossièreté, nourriture, dépression, hippie, couchsurfing
France - 10 octobre 2008
Toujours dans l’espace 798, j'entends « l'aquoiboniste » de Jane Birkin dans le petit café qui vient de me servir un fabuleux smoothie au thé vert. Je feuillette le guide du résident prêté par Alain : la ville est pleine d'expats. Quid de la musique chinoise, alors ??
07:57 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musique, occident, impérialisme, cool, café
26.09.2009
Malaisie - 9 octobre 2008
Dans un restaurant familial, cantine de Beijing est où Ming nous emmène déjeuner, toiles noires au mur portant des inscriptions arabes en fil d’or, autour d’une image de la Mecque, avec au centre une Ka’aba dorée. Retrouverons-nous ce genre d’images en Malaisie ?
07:56 Publié dans Malaisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : art, islam


