01.12.2009
Chine - 3 novembre 2008
Dernières images de la Chine, traversée d’un paysage karstique et de cannes à sucre, sous la pluie, tandis que la télé du bus passe un film d’action américain doublé.
23:12 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paysage, mondialisation
28.11.2009
Chine - 2 novembre 2008
Au Musée provincial du Guangxi, la Chine impérialistico-communiste célèbre ses minorités ethniques. Un jardin des nationalités présente, outre une énorme cloche en bronze Dong, une série de bâtiments correspondant au style de construction des Miao, des Yao et des Dongs. Kitsch régional, ou multiculturalisme interne ? Un homme fait des exercices de marche à l’intérieur d’une tour à tambour Dong, reproduisant exactement les mouvements de la femme que j’avais vu s’exercer dans un parc à Hong Kong. Trois jeunes femmes assises au milieu du pavillon sur des bancs en bois discutent et fouillent dans leurs sacs en plastique.
Les nationalités sont présentées surtout pour leurs costumes (en vente dans les magasins souterrains près de la gare) et leurs festivités. On fait l’éloge du grenier Yao – je lis sur le panneau « although the granary is away from the house, no one steals the grain, beacuse the Yao people are honest. » - mais on ne présente pas ni les structures sociales ou hiérarchiques, ni, moins encore, leur histoire ou celle de leur intégration dans l’Empire chinois, sans parler des résistances éventuelles. Est-ce une attente légitime ? Comment les choses sont-elles présentées en Europe ? On translittère le nom des rues d’une façon qui correspond au dialecte local, c’est déjà quelque chose. Et puis l’architecture traditionnelle est prétexte à construction dans le jardin – gratuit – du musée : des restaurants et salons de thé permettent au visiteur de s’y reposer ; des hommes pêchent dans le lac artificiel, abrités sous de grands parasols, la scène est calme et paisible. Plus loin, devant la réplique d’une maison villageoise Zuang tout en bois, deux citadines assises vendent des souvenirs ethniques – porte-bonheurs, poupées, chaussons et bourses en tissu brodé ; je ne les trouve guère différentes de ce qu’on trouve sur les marchés de Shanghai ou Beijing.
Au premier étage, exposition de poteries – sans doute exhumées par les archéologues locaux. Tout un mur est couvert de reproductions photographiques agrandies, dont une femme en pull-over rose prend une photo, téléphone portable braqué vers le mur, tandis qu’une femme de ménage en chemise bleue passe et repasse un large balai sur les carreaux du sol. Je retrouve la femme en rose dans la salle à côté – près de fragments d’assiette : elle a toujours le téléphone à la main, je pense qu’elle doit envoyer un message, ou peut-être la photo du pot vert agrandi, reproduit sur le mur. Puis je traverse une salle de calligraphies pour tomber sur deux hommes, les fesses en arrière, penchés sur une lame de bronze. Je m’arrête un moment devant la statue d’un cheval rieur, bouche ouverte, ensuite une photo montrant un chantier de fouilles, et deux hommes en costume qui pointent avec la main droite un morceau de bronze verdâtre au sol ; une laveuse, deux poules, deux vaches et deux chiens – les animaux symétriquement arrangés deux par deux ; les deux hommes, toujours les fesses en arrière, sont fascinés maintenant par une série de petits crochets noirs et dorés ; une femme en gilet vert, une garde, assise à côté d’un rideau jaune, tape un numéro sur son téléphone portable, et parle à je ne sais qui, quelque part. Un vieil homme sourit, deux autres gardes en vestes mauve et lilas m’ignorent, je vois deux chèvres assises en terre cuite et deux vaches, une blanche, une noire ; modèles de maisons, pots, vases, prélude médiéval à l’abondance de produits que la Chine manufacture aujourd’hui.
Je décide que j’ai passé suffisamment de temps dans ce musée provincial, et je vais m’installer au « Provence Lounge », gauche de l’entrée principale, en attendant Philip, heureux de connaître mieux la Chine et, demain, de partir au Vietnam. (Philip m’attendait sur un fauteuil à l’entrée du musée, je n’irai donc jamais prendre un verre au Provence Lounge). Dernière promenade autour du musée. Même impression qu’à Santo Domingo : bâtiments clinquants et shopping malls cohabitent avec les marchés traditionnels (on tranche le cou des canards en direct) ; restaurants et bars prétentieux, panneaux en anglais mal traduits (‘life lounge’). Franchises partout, KFC, Mac Donald’s ; on joue James Bond au cinéma local. Bref, une impression de déprime tropicale aggravée par la langueur des habitants, jointe à l’aliénation culturelle d’une province périphérique et frontalière, dont la capitale souffre d’une effrayante planification.
Pourtant, depuis le bus n°6 qui nous ramène chez Rachel, dans son immeuble à peine fini, devant le parc en construction, sur Mingzu Dadao, j’aperçois des lanternes rouges en devanture d’un magasin, sur une allée sombre qui s’enfonce depuis la rue principale, et je me dis, peut-être y a-t-il quelque chose, là-derrière, d’intéressant, peut-être est-ce qu’il vaudrait la peine de revenir à Nanning, et d’explorer cette allée. Peut-être est-ce moi qui projette un fantasme de Chine sur cette métropole obscure, ou peut-être est-ce un effet secondaire du voyage, que de s’attacher ainsi trop facilement aux lieux ? Si l’homme qui lit par-dessus mon épaule arrivait à déchiffrer mon français, qu’en penserait-il ?
23:03 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : musée, kitsch, minorités, impérialisme, costume, sport, histoire, souvenirs, artifice, photographie
27.11.2009
Chine - 1 novembre 2008
Retour en Chine, Lang Dong, station de bus à l’est de Nanning, capitale du Guangxi. Le bus couchette est arrivé plus tôt que prévu, nous nous sommes installés au KFC pour prendre un café, en attendant que l’amie de notre hôte couchsurfing vienne nous chercher à 8h30. C’est le seul endroit dans toute la station qui dispose de chaises, mis à part un petit restaurant chinois. Musique d’ambiance New Age, odeurs de pancake, impression rurale : il pleut, nous avons vues sur les pentes d’une colline verte et, devant la vitre, une femme attend, valise à côté d’elle, en pantalons de jogging à rayures et talons aiguilles, un petit sac doré pendu sous l’aisselle gauche. Plus tard, à la Bank of China, nous changeons des dollars pour acheter nos billets vers Hanoï (300 yuans par personne, ils ne prennent pas la carte bleue). Trois guichets, dont un qui ne fait pas le change, une femme nous fait remplir deux papiers, puis nous faisons la queue : guichet deux, un homme compte et recompte des piles de billets, puis fait des piles de dix, pliant un billet autour de neuf autres. A côté, guichet trois, une vieille dame assise négocie je ne sais quelle étrange transaction superstitieuse avec la guichetière, elles s’échangent des billets de cinquante livres sterling, qu’elles observent toutes les deux par transparence, suspectant les déchirures, les plis ou les numéros de série. Sur la droite de chaque guichet, une machine interactive montre la photographie de l’employé, son nom, et une série de cinq étoiles, dont certaines allumées. Les clients votent grâce à des boutons, jugent la prestation satisfaisante, moyenne ou non satisfaisante, et la machine, selon la comptabilité des votes, fait monter ou baisser l’évaluation de l’employé. 27-11 Couchsurfing, province, mauvais goût, mondialisation, argent, service, superstition, évaluation
09:01 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : couchsurfing, province, mauvais goût, mondialisation, argent, service, superstition, évaluation
21.11.2009
Chine - 30 octobre 2008
Je comparais la Chine à la Méditerranée : le village de Yung Shue Wan, au nord de l’île de Lamma, ressemble étonnamment à n’importe quel village de vacances construit sur un ancien petit port de pêche, en Italie, Grèce, ou sur la Côte d’Azur – les rochers légèrement rouges font penser à la côte de l’Esterel. Et même le petit pavillon au toit recourbé, style pagode, pourrait être la folie d’un riche anglais, qui se serait enrichi dans le commerce avec l’Extrême-Orient, puis se serait fait construire un palais paradisiaque au soleil. Non loin de là, des retraités à la peau rouge observaient la mer et les bateaux de pêche, assis sur les balcons de l’hôtel Bali. Comme en Grèce, on sert partout du café frappé. Une petite fille en robe de princesse blanche et chaussures argentées fait la danse du sac au milieu de la salle d’attente, et sur sa gauche, agité par les vagues, le ferry d’HKKF débarque ses passagers, venus pour la soirée manger des coquillages ici.
06:40 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : méditerranée, tourisme, vacances, café, coquillages
18.11.2009
Chine - 29 octobre 2008
06:15 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mimétisme, reproduction, calligraphie, mémoire, langage, naturalisme, convention, révolution, héritage
12.11.2009
Chine - 27 octobre 2008
Sur Queens road, Hong Kong, on trouve une série de magasins pour les morts, vendant bâtonnets d’encens et offrandes en papier : billets de banque, mais aussi voitures, sacs Vuitton, grandes maisons de style oriental, turquoise ou fuschia, paniers de Dim Sums, et chaussures en papier vert clair à talon, vendues avec le sac assorti. En vue des tours abritant le siège de grandes banques, au cœur d’une des villes les plus riches du monde, on fait encore sécher le linge aux fenêtres ; on ne cache pas ses sous-vêtements.
Dans une petite allée perpendiculaire, boutiques vendant toutes sortes de produits séchés : bois de cerfs, carapaces de tortues, champignons noirs géants, dans des boîtes en carton sur la rue. Multiples choses tordues, rangées par couleur – jaune, rouge, brun, blanc – dont je ne connais pas la fonction, mais que j’imagine médicinales. En tous cas, l’odeur est agréable, et le fond sonore animé. Puis Philip montre, attachées deux par deux dans une boîte en carton, des peaux de lézard écorchés, le ventre ouvert, comme s’ils voulaient planer.
06:02 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mort, rituel, papier, superstition, intimité, médecine, marché
26.10.2009
Chine - 21 octobre 2008
Bizarre présence de la Chine au Japon, sous la forme des Kanji que je vois partout.
01:54 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ecriture, influence
22.10.2009
Chine - 19 octobre 2008
Réveil dans la zone tropicale : nous mangeons au petit déjeuner notre boîte de congee devant un paysage de rizières et de bananiers sur fond de montagnes, et franchissons parfois des rivières où des pêcheurs opèrent depuis leurs barques à fond plat. Tout cela ressemble aux peintures chinoises, mais aussi, ce n’est pas étonnant, à la République Dominicaine et ses paysages tropicaux.
Il semble y avoir en Chine une sorte de goût pour l’exercice physique méthodique. Hier soir, vers 9h30, j’ai vu deux personnes lever jambe après l’autre, en dépliant la cheville, dans le couloir du train. Maintenant, dans un petit square de Mid-Levels où des familles philippines se détendent autour d’un pique-nique, une femme chinoise de cinquante ans, pieds nus, marche méthodiquement, suivant toujous le même itinéraire autour du patio supérieur, pieds nus, l’air concentré, mais nonchalante.
22:26 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : tropiques, exotisme, paysage, sport, comique
20.10.2009
Chine - 18 octobre 2008
Dans le métro qui va vers la gare, où nous allons laisser nos sacs avant le train, nous sommes juste à côté d’un couple apparemment campagnard – l’homme porte une ceinture avec une image de star sur fond vert à la boucle – et qui ont posé autour du poteau central trois valises sales, deux sacs de voyage, un carton ficelé, et une boîte à perceuse en fer. Je suis – encore une fois – réconforté. Je ne dérange pas avec mon gros sac, on ne me le fait pas sentir, ce métro sert, aussi, à charrier des affaires, et l’on ne me jette pas de regards irrités.
Dans le train pour Hong Kong, rencontre intéressante, Rachel, vingt ans, britannique, de Birmingham, étudiante en droit qui fait un an d’échange à Hong Kong. Elle me parle du droit chinois. Soixante trois crimes capitaux. Plus d’exécutions qu’ailleurs dans le monde. Et parmi les crimes capitaux, des crimes économiques : corruption, mais aussi cette affaire, des jeunes condamnés à quinze ans de prison ou plus pour avoir mangé, par erreur, des raisins qui faisaient partie d’un projet de recherche et causé, potentiellement, des millions de pertes. Leur peine, après plusieurs appels, a été fortement réduite – car après tout, si les recherches n’avaient abouti à rien, c’était des raisins ordinaires ; bref, un système où la punition n’est pas déterminée par l’intention, mais par les conséquences, où l’on doit payer, donc, non pour sa faute, en rapport au principe de la loi, mais pour le dommage qu’on cause à la communauté. Cruauté de ma part ? Je ne peux m’empêcher d’apprécier ce système, qui force à la grande prudence. Quand au niveau de démocratisation, à l’instauration d’un véritable Etat de droit, et la liberté d’expression, Rachel est mitigée, mais répète, comme faisait Ming à notre propos sans cesse, « It’s very interesting », créant un étrange parallélisme rétrospectif.
22:22 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politesse, aise, droit, peine de mort
18.10.2009
Chine - 17 octobre 2008
Approche de Zhouzhuan, en bus de ville : Marco Polo, venant ici, n’a pas dû se trouver bien dépaysé. Lac sur la droite, évoquant la lagune. Riches terrains agricoles, carrés de légumes, quelques rizières, et des propriétés entourées de murs, dont on aperçoit les toits à pignons. Près du lac, travaux de terrassement : trois hommes posent des dalles, il semblerait qu’on aménage une promenade. Arrivés dans une ville, vision maintenant normale d’un homme qui sort à l’écumoire de gros paquets de nouilles d’une grande marmite fumante, et les fait glisser dans un bol. Est-ce d’ici que viennent les pâtes ?
La ville elle-même est très belle, refaite et conçue comme un parc culturel. Porte à l’entrée, ticket à 100 yuans, avec annonces de contrôles fréquents. Grappes de touristes et guides à drapeaux. Des rochers en plastique dissimulent au pied des ponts je ne sais quelles installations électriques. Je demande à Ming si des gens vivent encore ici : elle répond que non (je découvre ensuite que c’est faux), mais ce n’est en rien pour elle un problème. Elle vient à Zhouzhuang parce que c’est beau, non parce que c’est authentique.
18-10
19:05 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, italie, pâtes, marco polo, authenticité, tourisme


