05.12.2009

Singapour - 4 novembre 2008

Fatigués déjà par le bordel vietnamien – circulation totalement anarchique et bruyante, abus de confiance constant – j’anticipe avec envie la propreté, le calme et la législation dure de Singapour.

 

30.11.2009

Singapour - 2 novembre 2008

Au musée provincial de Nanning, je vois à la librairie du musée toute une série de livres consacrés aux pays d’Asie du Sud Est : Laos, « the fragrance of Dok Chapon », Philippines, « Dancing on the water lily », et Singapour, « The Merlion in the sunshine ». Je suppose, si je lis bien les kanjis correspondant à la traduction, que « Merlion » réfère à quelque espèce de poisson.

23.11.2009

Singapour - 30 octobre 2008

Bateaux à l’horizon, sur plusieurs plans, dans la brume polluée du port, que je vois depuis un banc sur l’île de Lamma. Silhouettes gris-bleu flottant sur la lumière des vagues. Extensions de l’île sur l’océan. J’entrevois, en les observant, ce que peuvent signifier les eaux territoriales. Etendue marine proche de la terre, et dont les produits – poisson, coquillage – reviennent aux terriens qui la bordent, et qu’on ne peut traverser librement, sans signaler sa présence, car on occupe le champ de vision, car on est aperçu depuis le port. Bateaux comme tentacules de l’homme, jetées sur l’océan. Symbole du marin, la pieuvre – et l’encre, comme le drapeau noir du pirate, ou l’oubli, le grand oubli : sur l’océan, les vagues effacent les traces en quelques minutes, et l’on disparaît au loin, sans conséquences ; on demeure en surface.

20.11.2009

Singapour - 29 octobre 2008

Qui sont les chinois de Singapour ? Pourquoi sont-ils là ? Quelles relations maintiennent-ils avec la Chine continentale ? Nous avons parlé ce matin de la stratégie géopolitique américaine vis-à-vis de la Chine, déployer comme un éventail maritime, de Singapour au Japon. Der-Yang nous a dit aussi que les chinois n’étaient pas un peuple colonisateur, et qu’ils considéraient leur propre pays comme le centre du monde. Une question pour moi, cependant : pourquoi la diaspora ?

Je vois en tous cas la grande visibilité culturelle de cette diaspora. Dans une librairie de Kowloon, je feuillette plusieurs romans classés comme « Chinese Literature » : Pangs of love de David Won, sur l’expérience d’un asiatique américain ; Aloft par Chang-rae Lee : vie d’une famille asiatique dans une banlieue américaine ; Bone de Fae Myene Ng, racontant la vie dans le Chinatown de San Francisco, puis Mammon Inc. De Hwee Hwee Tan, singapourienne vivant en Angleterre, étudiante en creative writing à l’université d’East Anglia.

 

11.11.2009

Singapour - 26 octobre 2008

En mesurant – au doigt – les distances entre les villes sur la carte des vols dans le magazine NWA, j’ai vu que Singapour était plus proche de Riyad que de Harbin, et de la péninsule arabe que de la capitale chinoise.

01.11.2009

Singapour - 22 octobre 2008

Plus de panneaux et de règles encore à Tokyo qu’à Hong-Kong. Mais on perçoit, de plus, toute une série de codes inarticulés régulant la politesse et le juste comportement. Je ne les connais pas, mais crains, en les transgressant malencontreusement, de m’écrouler, terrassé par une soudaine violence populaire, exercée contre moi par une vieille dame, une commerçante, un chauffeur de taxi. Plus que l’amende, la mutilation, la mort. « I’ve never seen a place that’s so much against the human », dit Philip a propos du Japon, tandis que nous cherchons en vain la sortie d’un centre commercial sur Roppongi Hills. Il y a des barrières aux routes, et des panneaux cerclés de rouge où la pauvre silhouette au trait noir est barrée de rouge, « no humans allowed, here is car space ». Hier, dans la rue, Claire a prévenu « pousse-toi, sur le trottoir, ici, c’est les vélos qui sont prioritaires. »

 

28.10.2009

Singapour - 21 octobre 2008

Dès Hong-Kong, nous expérimentons l’efficacité qu’on associe traditionnellement à Singapour. Notre avion pour Tokyo part à 8h20, mais nous avons quitté l’appartement de Pearly vers 5h45 ; après quelques minutes dehors, nous avons trouvé un taxi qui déposait quelqu’un. 5h54, nous étions à la station de trains pour l’aéroport. Propre, efficace, bilingue : on peut enregistrer ses bagages directement sur place, et ne pas les traîner avec soi dans le train – sans télévision, sans message de propagande, et remarquablement propre. A 6h00, nous étions dans le wagon ; quelques minutes plus tard, il décolle, et dans une vingtaine de minutes, nous dépose à l’aéroport. « What efficieny », dit Philip, souriant ; pendant que j’écris, une quarantenaire heurte mon pied qui dépasse, et me fait légèrement déraper sur la page. Elle m’adresse un ravageur « I’m sorry ».
[Je découvre ensuite, et j’en suis un peu triste, un panneau sur le mur qui dit « the front seats do not have speakers ». Je vais voir derrière, et me rends compte que sur un écran passe un programme de divertissement (photos du Caire, puis interview de consultants en business international.)]
Un bouton, sur les sièges, permet de régler le volume des hauts parleurs situés dans l’appui-tête – et dont profitent malheureusement aussi les voisins.

24.10.2009

Singapour - 19 octobre 2008

On parle de Singapour comme d’une ville pleine de règles. En arrivant à Hong Kong depuis la Chine continentale, on ressent quelque chose de cet ordre. Promenade non fumeur au long de la baie, respect des feux rouges, panneaux dans le port interdisant les bains de soleil et, tout à l’heure, à l’arrêt de taxi face au débarcadère des ferrys, cet homme qui s’est tourné vers nous pour nous dire « excuse me sir, there’s a queue. »

16.10.2009

Singapour - 16 octobre 2008

Comme Singapour, Shanghaï se représente comme une ville cosmopolite et multiculturelle, riche de son commerce et du contact avec les étrangers, où les peuples se rencontrent. Y a-t-il des liens particuliers entre ces deux villes ?
Très belle présentation de Charles Yi Tong Lin, artiste et marin, qui présent une série de photographies prises aux frontières de Singapour. On y voit des bouées, des vagues, et les deux côtés d’un paysage. On se dit : pour prendre une de ces deux photos, l’artiste a franchi la frontière – il a dû, pour voir de l’autre côté, traverser. Mais il a simplement fait le tour d’une bouée. Frontières maritimes ? Qu’est ce que cela signifie ? Sur un mur, deux cartes identiques – sur l’une d’elles, le territoire de Singapour est évidé, on ne voit que la Malaisie qui l’entoure ; sur l’autre, on ne voit que Singapour, la grande île et les quelques plus petites qui composent le territoire, cernées d’un liseré bleu, puis du blanc qui signifie la mer, posées sur un cadre, et flottant sur le fond resté nu, littéralement coupées du monde.

07.10.2009

Singapour - 13 octobre 2008

Première véritable expérience d’internationalisme asiatique à Shanghai. Nous mangeons dans un restaurant coréen, au sixième étage d’un centre commercial dans Nanjing Lu. Ming demande : le chef est chinois ou coréen ? « Chinois », répond le serveur. Internationalisme limité.

Plus tôt, dans le marché des antiquités, deux asiatiques négociaient avec le vendeur en anglais. Ils étaient aussi coréens. Le vendeur leur donnait un prix, puis il ajoutait « c’est le prix pour les Coréens, pour les Japonais, c’est 30% de plus. »

Toutefois, c’est encore un internationalisme du nord. A Singapour, je ne sais pas si nous rencontrerons autre chose : chinois, malais, thaïs, indiens.

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