07.11.2009
France - 25 octobre 2008
Sur Ginza, « les Champs-Elysées de Tokyo », je me sens plus proche de Paris qu'en aucun autre endroit. Marques de luxe, évidemment : L'Occitane, Ladurée, Louis Vuitton. La nourriture hyper-luxueuse au sous-sol du grand magasin que nous fait visiter Claire : les gâteaux, les chocolats, les petites choses au poisson, cela ressemble à la Grande Epicerie du Bon Marché. Même niveau de luxe, même service discret, même attention aux détails. Puis nous mangeons dans un restaurant de tofu délicieux le menu dégustation, pour 3600 yens par personne, une succession de petits plats subtils et raffinés, tous au tofu, servi dans de la jolie vaisselle, en petites portions. Le service, contrairement à la Chine, n'est pas excessivement prévenant, pas insistant. Les clients sont, de même, plus retenus, sobres. Et l'endroit dégage une grande élégance, un raffinement parfait. Comme en France – à Paris – donc, le même goût du détail, et la même ritualisation des repas ; comme, dans les repas nouvelle cuisine, on n'a pas grand chose dans l'assiette, mais chaque chose est à la fois subtile et surprenante, réveillant goûts et consistances inattendus mais plaisants. Corollaire à ce raffinement, la tristesse ambiante, la névrose, et la cruauté. Prix de la perfection culinaire. Et je serai content de quitter Tokyo, comme j'étais heureux de quitter Paris.
05:51 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : luxe, nourriture, marques, détail, restaurant, élégance, rituel, tension.
27.10.2009
Japon - 21 octobre 2008
Dans l'avion pour Tokyo, petits signes extérieurs de nipponité : politesse verbale de ma voisine – qui me gratifie d'un sonore « bless you » quand j'éternue, et retire à grands renforts de pardons son bras de l'accoudoir si, par hasard, je l'effleure. Petite serviette chaude, qu'on nous tend à la pince avant le repas. Mais peut-être est-ce une conséquence dérivée du voyage en avion, dont j'avais oublié le luxe après toutes ces expériences dans les trains.
Hier soir, avec Pearly, discussions sur les relations professionnelles dans les entreprises japonaises. Epouvantables, apparemment : brimades, attaques personnelles, et respect rigide pour les hiérarchies liées à l'âge. Quant aux femmes, on n'attend rien d'elles qu'un départ de l'entreprise après leur mariage. Très loin de sa propre situation, chez Goldman Sachs, où ses patrons la respectent et veulent la faire progresser, où dès son premier poste, on lui confie d'importantes responsabilités.
Même rigueur, semble-t-il, dans les rapports homme-femme. Je disais à Claire, en m'appuyant sur les séries taïwanaises et l'observation de Ming et ses amis, que les sociétés asiatiques me semblaient particulièrement peu machistes. « Oh non! » m'avait-elle répondu. Hier soir, Pearly nous a dit que c'était une des principales différences entre la Chine – surtout Taïwan – et le Japon. Les taïwanaises dominent, les hommes font la vaisselle, et quand, après le repas, le copain de Pearly s'est énervé contre elle au téléphone qu'elle n'avait pas décroché son téléphone plus tôt, elle a répondu fermement. « I'm now gonna make Der-Yang apologize his arse off for shouting at me like that, » nous a-t-elle dit, sans trop de sérieux bien sûr, en allant dans sa chambre avec son ordinateur branché sur skype.
Au Japon, les filles doivent tout faire, nous avait-elle expliqué, faire la cuisine, la vaisselle, donner des cadeaux ; c'est même elles qui prennent l'initiative pour coucher avec les hommes, pas l'inverse. « Elles sont peut-être encore comme les geishas! » suggère Philip.
Il semblerait, en tous cas, qu'il y ait une relation particulière entre le sexe et l'archipel japonais. A l'aéroport de Hong-Kong, au relay, nous avons trouvé le premier objet pornographique depuis notre départ d'Allemagne. Un calendrier d'hommes nus japonais, sous cellophane, avec une étiquette annonçant que le contenu pouvait choquer les mineurs. Au dos, les hommes avaient sur le sexe une étoile pudique dans les petites reproductions alléchantes. Nous avons failli l'acheter, puis nous sommes dit qu'on risquerait de nous le confisquer en Chine. Mais il est possible que la pornographie soit une spécialité japonaise : lorsqu'au téléphone avant hier soir j'ai demandé à Der-Yang s'il voulait qu'on lui ramène quelque chose de Tokyo, il m'a répondu « porn ». Rires de Pearly derrière nous.
Claire nous racontait que, dans un quartier de Tokyo, les adolescentes se prostituent pour s'acheter des vêtements de marque, Hello Kitty, Vuitton, Prada. Que, surtout, ce n'est pas jugé particulièrement choquant.
Dans l'avion, lorsque nous atterrissons, je commence à percevoir les passagers qui m'entourent comme des japonais. Et, je ne sais pas trop pourquoi, ils me sont plutôt antipathiques. Physionomies tendues, fort potentiel d'agression réprimée. Je ne me sens pas très à mon aise. Philip, lui, regarde ravi le style d'un jeune homme sur notre droite. « We've entered the world of the Muji palette », dit-il pour décrire l'arrangement de gris et d'ocres que porte ce garçon. Je le trouve inutilement affecté.
Dans la station du skyliner pour Ueno, sans l'aéroport de Narita, j'achète une bouteille de « Pocari Sweat » en attendant qu'on prépare notre train. Je suis intrigué par la description – boisson spécifiquement conçue pour compenser les sels minéraux et liquides perdus en transpirant, et veux acquérir une bouteille pour conserver l'étiquette. Je me retourne et vois que, dans le train, les fauteuils bougent tout seuls – petite danse qui correspond sans doute au rituel de nettoyage automatique, mais pourrait être le fait d'un démon malicieux.
01:55 Publié dans Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : politesse, entreprise, brimades, hommes-femmes, sexe, pornographie, matriarcat, prostitution, luxe, élégance
23.08.2009
Russie - 26 septembre 2008
Je fais partie des dernières générations qui se souviennent, dit Nastasia, notre hôte à Moscou, superbe cosmopolite quadrilingue, amoureuse de l’Italie, qui fait des études de relations internationales. Quand j’étais petite, il n’y avait pas de publicité, pas de marques. Il y avait un savon, un shampoing, du pain noir, du pain blanc, c’est tout. Puis elle nous raconte, la glace aux copeaux de chocolat, non pas des souvenirs d’enfance traumatiques, mais des plaisirs matériels aussi. J’essaie d’aller dans son sens, en critiquant la vision très noire qu’on avait à l’ouest, de la vie dans les pays communistes. Elle acquiesce, puis corrige un de mes exemples : « c’est vrai que, parfois, on habitait à soixante dans un appartement. »
Le matin, elle nous joue quelques morceaux sur le piano droit désaccordé. « Ca me manque trop, maintenant je dois jouer », dit-elle à Philip après qu’il a touché quelques notes. Elle se lance dans plusieurs morceaux romantiques, assez beaux. Les mains sont enfoncées jusqu’au bout des touches – ce que Jean-François m’avait décrit comme l’école russe – et quand elle joue, son corps dégage une grande impression de force massive, comme s’il s’agissant d’une immense géante chtonienne, une natte rousse de cheveux frisés sur le côté, qui nous accueillait dans son immense appartement moscovite, en lisière de la forêt, et nous régalait d’airelles et de produits laitiers.
Supermarché sur la rive sud. Chic absolu. Produits italiens, caviar à cent vingt euros la boîte en libre service, assortiment de thés chinois, anglais, français. Nous achetons un morceau de gâteau pavot-griottes, et deux bouteilles de jus, céleri pour moi, framboise pour Philip. Nous prenons tout ça sur un banc près d’un parc où dorment allongés dans l’herbe une demi douzaine de chiens.
Lorsqu’Andreï Roublev peint l’icône de la Trinité, Constantinople est encore chrétienne, et l’Empire Romain – byzantin – n’a pas encore pris fin. Le style des icônes russes reproduit ensuite les productions de cet artiste, actif au sein d’une Eglise orthodoxe occupant presque encore les premiers lieux du christianisme, ayant aussi, sans doute, des échanges avec les chrétiens d’orient, syriens, coptes, ou caucasiens, par les caravanes et les réseaux d’échange. Les salles basses de la galerie Tretiakov contiennent donc le souvenir d’un pays en contact assez proche avec ces racines chrétiennes orientales. Mais on est à Moscou, quelques centaines de kilomètres à l’est de Constantinople, et sur le même parallèle que Jérusalem.
Face à l’icône de la Trinité, le fameux Christ Sauveur, sur bois. Le panneau latéral est tenu par un morceau de scotch blanc, comme le panneau gauche du Saint Paul qui le jouxte.
Un homme aux cheveux longs, chemise et pantalon gris, les yeux bleus perçant, récite une série de prières devant l’icône du sauveur ; un lourd chapelet de bois noir pend entre ses jambes. A côté passent deux touristes asiatiques, et leur guide russe. Ils parlent anglais.
J’ai lu, quand j’avais vingt ans et que je m’intéressais à l’orthodoxie, le livre du père Evdokimov sur l’art de l’icône, offert par la mère d’Aurélie. Je l’ai prêté par la suite à Sébastien, petit fils ou neveu de Simone (la femme politique, pas la philosophe), qui suivait avec moi des cours d’histoire de l’art à l’ENS. (Je me souviens que cette année, Nadège Laneyrie-Dagen faisait un séminaire sur la représentation des éléments, et nous montrait la façon dont les Italiens et les Flamands représentaient fontaines et gouttes d’eau, du 15e au 16e siècles). Il a gardé mon livre, et j’ai rencontré le père Evdokimov, par une étudiante roumaine de l’ENS qui faisait une thèse sur Jacottet. Je ne suis pas retourné dans l’Eglise orthodoxe, et je suis parti l’année suivante à Dublin ; j’avais interrompu déjà mes cours de russe, pour écrire Les Sirènes. En les poursuivant, je serais, sans doute, entré plus vite en contact avec le monde littéraire et théâtral, Loris et Florent. Oui, mais je n’aurais pas écrit Les Sirènes, et toutes ces autres choses que je n’aurais pas faites. Aujourd’hui, je ne serais pas face aux icônes de Roublev.
Tout un numéro de Manière de Voir collecte des articles sur la Russie qui contrent l’historiographie contemporaine, pro-américaine, anti-soviétique. L’argument principal est double : les dérives du communisme doivent se comprendre à la lumière de l’assaut constant mené contre l’URSS par l’Occident ; malgré cela, l’idéologie communiste ouvrait plus d’espoirs universels que le fascisme ou – surtout – le nazisme. Arguments qui semblent valides, et que je voudrais méditer.
L’impression finale, alors que nous mangeons dans un petit restaurant de l’Advat, au centre-ville, c’est que Moscou ne laisse rien à désirer par rapport à Paris. Qu’on est dans une ville de même taille, à l’histoire aussi riche, aussi peuplée ; mais surtout, dans laquelle on se soucie peu de l’opinion parisienne, et qui contrôle un territoire quinze ou vingt fois plus grand que la France, et la deuxième armée du monde : bref, qu’on est dans une capitale internationale, cité qui chapeaute une grande puissance, et qu’il se passe plus de choses ici, des choses plus importantes, qu’à Paris, Rome, Londres ou Berlin.
Sur le boulevard périphérique Smolenskaïa, un concessionaire Mercedes a son magasin surmonté d’un gigantesque paquebot surligné de néons rouges et blancs. Par-dessus les voitures alignées, trois mètres au-dessus du sol, une mer de néons bleus courbés clignotent, représentant des vagues. Philip s’arrête, pointe l’installation du doigt, puis dit, « I think we won’t see anything like this in Asia ».
Tandis que nous attendons l’affichage du quai, dans la grande salle d’attente de la station Iaroslavskaïa, des gens montent et descendent les escalators. Une vieille dame en anorak blanc qui tient par la main sa petite-fille en est à son quatrième aller-retour. Elles ne se lassent pas. Derrière elles, un écran diffuse des images étranges, en vert et bleu, sur les consignes de sécurité : ne pas fumer, ne pas se pencher par la fenêtre, etc. Certaines sont opaques : on voit le train, à l’arrêt, puis des flammes en surimposition, de plus en plus nombreuses, et le panneau « interdit » s’affiche, en troisième surimposition. Sans doute est-il interdit d’incendier volontairement le transsibérien ? Nous regardons autour de nous les babouchkas, et sommes soulagés de voyager en première classe, à deux.
02:09 Publié dans Russie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : communisme, piano, luxe, orthodoxie, orient, peinture, christianisme, souvenirs, kitsch, confort
19.08.2009
Belarus - 25 septembre 2008
Dans le couloir, la nuit, pour aller aux toilettes, rencontre avec une bonne sœur. Je reste coincé, la bonne sœur me libère avec un sourire en ouvrant la porte de l’extérieur. Décidément, beaucoup de prévenance en Belarus.
Réveil à la station de Biazma, quelque part entre la Biélorussie et Moscou. Nos passeports n’ont pas été contrôlés, je pense que nous n’avons pas encore dépassé la frontière. Nous sommes arrêtés là depuis vingt minutes environ.
Cette nuit, mes lunettes se sont cassées. Rient de trop grave, elles étaient à côté de l’évier dans la cabine, la plaque attachée au mur par un système d’aimants s’est refermée, le verre gauche s’est détaché. Si ce n’est que je dois trouver un opticien pour remettre en place le fil qui tient le verre.
Brume et ciel blanc dehors. Une babouchka, fichu sur la tête, est passée devant le quai, de l’autre côté, bâtiment communiste, la gare, peinte en vert vif.
Dans le train, le café s’achète au provodnik. 250 zlotys par tasse (on paye en monnaie polonaise, d’autres devises sont acceptées). Ma tasse, bizarrement, s’est décollée dans mes mains, renversant pas mal de café. Je me suis un peu brûlé. J’ai pensé que si j’étais américain, je ferais un procès.
Dehors, forêts dans la brume, beaucoup de bouleaux, blancs et noirs. Parfois quelques maisons basses en bois, souvent peintes en couleur, bleu, vert. Je commence à voir comment le train pourra nous amener jusqu’en Chine. On se croirait un peu dans le paysage des films de kung fu. Et, déjà, nous sommes passés à l’est d’Istanbul.
Signe distinctif : toutes les gares, les barrières, les poteaux, sont peints en vert clair – une couleur que je n’ai jamais vue en France, à part peut-être en façade d’une église baroque alsacienne. Quelques maisons sont aussi peintes de la même couleur. Même les étiquettes des bouteilles d’eau sont vertes. Et les paysages évoquent un peu l’Irlande. Un grand pays vert. Pourquoi l’appelle-t-on la Russie Blanche ???
Le plus étrange : nous ne savons absolument pas si nous sommes encore en Bélarus, ou si nous sommes sur le territoire russe. A-t-on dépassé Smolensk en dormant ? Etc. La seule indication que, peut-être, on est encore en Bélarus, c’est que nos passeports n’ont pas été contrôlés, et qu’on a toujours notre fiche d’immigration dans le passeport, qu’il faudra, je pense, donner à la sortie. Le pays n’aurait donc pas d’autres signes extérieurs d’existence que ces formes administratives, et quelques écarts de lexique ou de déclinaison par rapport au russe. Etrange structure étatique, pure construction politique.
Le provodnik nous a rendu nos billets, estampillés, agrafés. Les datchas sont plus nombreuses, on a passé quelques immeubles d’appartements, peut-être approche-t-on de la frontière ? Ou d’une ville, Osinovka, station marquée sur nos billets, départ pour Moscou. Nous avons trois billets différents, Warsjawa-Brest (16,80€), Brest (Gr)-Osinovka (Gr) (58,20€), et Osinovka (Gr)-Moskva (42,60€). J’en déduis qu’on passe la frontière en gare d’Osinovka (Gr). Le coût total de cette visite en Bélarus, en incluant les visas et la réservation de couchette, aura donc été de 38+30+58,20€, soit 126,20€. D’après Kuba, nous aurions pu sans doute économiser vingt ou trente en achetant nos billets dans le train. Mais nous n’aurions peut-être pas eu cette couchette pour deux. J’ai merveilleusement bien dormi, Philip aussi, nous n’avons pas eu besoin de penser aux sacs, aux passeports, à la possible homophobie des autres passagers. Nous sommes reposés, prêts pour deux jours à Moscou. Ca valait sans doute la peine et les euros supplémentaires.
Leçon biélorusse : importance du luxe.
01:43 Publié dans Belarus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : train, frontière, visa, vert, paysage, luxe
17.08.2009
Japon - 24 septembre 2008
Ce matin, dans la galerie, photo plus comique d'un homme et d'une femme, sabre à la main, prenant des cours de samouraï.
01:32 Publié dans Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sushi, luxe, kitsch
15.08.2009
Belarus - 24 septembre 2008
Dans le train depuis quelques temps, je n’arrive pas à savoir si nous sommes toujours en Pologne, ou si nous avons déjà traversé la frontière. Il y a eu deux ou trois arrêts dans des gares sans panneau sur les quais. Je ne sais pas si c’était Terespol, Brest, etc. Je suppose qu’on vérifiera nos passeports – que ce fameux « visa de transit » soit au moins justifié par la venue d’un douanier, mais jusqu’à maintenant, nous nous sommes contentés d’annoncer au chef de wagon nos nationalités.
Quoiqu’il en soit la nuit est tombée, et je suppose qu’il fera jour après la frontière seulement, vers Smolensk. Nous aurons donc traversé la Biélorussie de nuit – je l’écris avant même d’être sûr que nous y soyons déjà – ne voyant donc du pays que quelques éclairages nocturnes. Une drôle de visite, mais conforme au mystère de ce pays fermé, qui se traverse alors qu’il fait nuit.
Terespol, visite policière et douanière. Deux hommes en bleu, policiers, dont l’un tient un gros chien noir, et deux hommes en vert, douaniers qui contrôlent nos passeports. Ils n’ont même pas vérifié nos visas. Bizarre.
Amusant, le système de chauffage du compartiment. On tourne une manivelle, et pour faire varier la température, on lève ou l’on baisse une plaque de métal qui recouvre un système de chauffage où circule, sans doute, de l’eau chaude. On a donc la chaleur maximale dans les tuyaux, qu’on peut ensuite, éventuellement, modérer par une plaque isolante, individuellement. Chauffage en commun, comme dans les immeubles où la chaudière centrale élève la température de l’eau qu’on réseau de tuyaux fait circuler dans tout l’immeuble, et par des manivelles sur les appareils de chauffage, on peut élever ou baisser la température dans les pièces. Si ce n’est que souvent, comme dans ce compartiment, le système ne peut pas être arrêté totalement, qu’on ne sait pas vraiment comment baisser la chaleur, et qu’en plein hiver, on ouvre les fenêtres une heure ou deux pour ne pas étouffer pendant la nuit, ou l’on meurt de chaud dans sa chambre. Est-ce qu’on pourrait tracer des analogies entre ce système et les régimes communistes ?
Frontière de l’Europe : une lampe orange qui clignote, à l’entrée d’un pont en métal blanc, sur une rivière dont je ne connais pas le nom. Deux types de frontières, montagnes et fleuves. Encore une frontière aquatique ici.
Finalement, à Brest, on nous contrôle. Carte d’immigration, sans information particulière demandée (numéro de visa, de passeport, motif de la visite, etc.). L’inspecteur des douanes nous demande « Shengen » ? Puis « Germania » ? « Anglia ? », je réponds « Da », puis « frantsiya ». Il hoche la tête, jette un coup d’œil, et passe au compartiment d’où côté. De façon générale, très grande amabilité des officiels de contrôle, sourires et même, de la part du contrôle de l’immigration, l’esquisse d’une courbette polie.
Images de Brest, au passage : usine avec des cylindres en métal astiqués. Deux jeunes hommes, dont un porte un costume, assis sur un banc, sur le quai d’une gare, bouteille de bière, ils discutent. Voiture blanche devant un pavillon. Immeubles d’appartements carrés. Normalité générale. Un bus à l’arrêt, une file d’une douzaine de voitures bloquées au passage à niveau par notre train, des lampadaires, bref, les signes extérieurs d’une vie peu différente de celle des européens. J’ai vu mes premières inscriptions cyrilliques, toutefois, et, le long des voies, des routes en terre qui desservent des zones pavillonnaires périphériques, avec des flaques profondes, comme en République Dominicaine.
La gare de Brest est un monument stalinien, sur une jolie petite place, avec des colonnes carrées et des motifs floraux, surmontée d’une tourelle pointue, et d’une étoile à cinq branches en or.
On frappe à la porte. Une femme brune, les yeux bleus, maquillée, veut nous vendre à manger : « chicken with beer ? Schnaps ? Blinis ? » Je répète no, no, puis niet, puis, « U minya iest », avant que j’aie fini la phrase, elle referme la porte, en gardant son sourire.
On se presse alors, une soixantenaire un peu ronde en doudoune polaire attrape l’énorme sac en plastique bleu que lui tend son fils, pendant qu’une beauté brune, jeans moulants, pull qui brille et talons hauts, s’éloigne en roulant des hanches derrière un grillage. Le train repart à l’envers, passe devant la petite place où domine la poste, « bielpochta », puis sous le pont aux angles marqués, flanqué d’un escalier, éclairé, le long d’une route inondée devant des maisons basses à un étage, une zone de triage, un entrepôt vide éclairé, avec une douzaine de fenwicks, ou des supports de wagon. Vaste espace industriel, juste après cette jolie petite place, devant la gare.
On s’arrête, on entend des bruits de marteau, Philip se met à la fenêtre : ils changent les routes du train, dans l’entrepôt vide que je voyais tout à l’heure. Le train est soulevé par des espèces de crics fixes, jaune vif, une machine à treuil passe au-dessus, des hommes en costume de travail passent au-dessous, donnant des coups de marteau sur les roues.
01:12 Publié dans Belarus | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : train, nuit, luxe, politesse, visa, frontière, fleuve, chauffage, industrie
12.08.2009
France - 24 septembre 2008
Signes de la France à Varsovie : gigantesque affiche publicitaire pour un parfum sur la place centrale, une femme blonde en robe rose, avec derrière elle une tour Eiffel à droite, et la vue parisienne depuis un balcon de Passy. Dans une des petites rues du centre, une « boulangerie pâtisserie » dont je n'ai pas examiné la vitrine. Et c'est tout. La France, vue de Varsovie : luxe et pâtisseries, donc.
01:06 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : luxe, patisserie, symboles
05.05.2009
Japon - 9 juin 2008
« Au Japon, ils ont pris toutes les choses de la Chine, l'écriture, la culture, les costumes. Et maintenant, les chinois vont au Japon, parce qu'ils ont mieux conservé, comme les temples ou la cérémonie du thé ». C'est ce que m'expliquait Ming qui, dans le cadre de sa formation « management du luxe », apprend non seulement l'anglais et le français, mais aussi le japonais.
05:50 Publié dans Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : transfert culturel, luxe


