17.10.2009
Australie - 16 octobre 2008
Moment post-moderne : à l’intérieur de la station Nanjing Dong Lu, Philip s’arrête en face d’un kiosque à journaux, et pointe une photo de Cate Blanchett en robe jaune, qui fait la couverture de Marie-Claire, édition chinoise. Je pense : « ma mère travaillait pour ce magazine. »
Plus tard, dans la biennale, Shanghai est décrite comme « ville multi-culturelle », sur tous les panneaux .
Philip me montre une installation sur les touaregs du Sahara, qui fabriquent des bateaux dans le désert, et traversent ensuite le détroit des Canaries, mais sont interceptés par des avions de gendarmerie. La même chose se produit, dit-il, depuis l’Indonésie.
09:59 Publié dans australie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : multiculturalisme, nostalgie, migrations
03.10.2009
France - 13 octobre 2008
Huahai road, concession française, métro shanxi lu. Premiers signes : marchands de gâteaux dans le métro, gigantesque librairie. Puis dehors, rues élégantes et boutiques de lingerie. Nous passons devant une boulangerie Paul, maison de qualité française fondée en 1889, puis devant une image du Luxembourg, avec Tour Eiffel et Notre Dame, des jeunes femmes élégantes lisent des livres sur les fauteuils en métal. Beauvillon (Paris) jouxte Promod et Levi's ; dans les vitrines des cafés, on vend des gâteaux à la crème.
Ming est tout excitée : « je suis de retour à Paris, regarde, H&M, C&A et Sephora ». Si ce n'est que les vêtements sont beaucoup plus colorés dans la boutique H&M. Philip essaie un bonnet vert et noir à rayures, j'achète une casquette et, dans la queue derrière moi, deux françaises discutent.
00:56 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mode, pâtisseries, marques, nostalgie
01.10.2009
Pologne - 12 octobre 2008
Nous avons traversé dans notre voyage plusieurs grands fleuves, dont la Vistule était le plus marquant depuis le train. Nous venons maintenant de dépasser le Yangzi, nous sommes en Chine du Sud. Mais nous n’avons presque rien vu que les lumières d’un bateau se reflétant sur les vagues et des bouées fixes indiquant les chenaux de circulation, rouge et vert. Nous allons maintenant suivre la rivière à droite de son cours, et dans une heure trente, à Shanghai, retrouver pour la première fois la mer depuis notre départ.
Cette route que nous suivons, c’est aussi celle des juifs, rencontrés à Berlin, qui devaient, à Nanjing, sentir un grand soulagement : l’exode prenait fin, la phase d’installation pouvait commencer. Nous avons, par hystérie mimétique ou fantasme, le même sentiment. Philip a baptisé Shanghai « The Melbourne of China ».
09:39 Publié dans Pologne | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : frontière, fleuve, nostalgie, familiarité.
29.09.2009
France - 11 octobre 2008
Par hasard, trouvé ce matin dans le quartier du Lido, près de chez notre hôte, une boulangerie « comptoirs de France », où je mange un pain au chocolat et un pain aux raisins, devant une tasse d'expresso. La pâtisserie n'est pas parfaite, à Paris, je ne retournerais pas dans une boulangerie qui servirait de telles viennoiseries, mais ici, c'est une parfaite bouffée d'air. Et 47 yuans pour le tout, ce n'est pas excessif. Prix parisiens, quoi. Je vais ramener à Philip un assortiment de macarons.
09:17 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nourriture, nostalgie, café
07.07.2009
France - 5 septembre 2008
Je poursuis mon exploration nostalgique de Paris. J'ai traversé la Seine au pont Mirabeau ce matin, après avoir remonté la rue Chardon-Lagache depuis l'ambassade du Vietnam. Puis j'ai pris le RER C jusqu'à Notre-Dame. Passage devant la librairie russe, passage devant les deux tibétains, le Pema thang et le Lhassa, passage devant le Minh Duc, la libraire « Présence africaine », les caves Ex Cellar, le bazar des Ecoles, la place de la Montagne Sainte Geneviève, La Méthode et Les Pipos, la Madeleine de Proust, Henri IV et Saint Etienne du Mont. Je prends maintenant, toujours par nostalgie-reprise, un chocolat à l'ancienne à la Madeleine de Proust. Entre temps, les prix ont monté : 8€40 !
Je remarque, à propos de ce pélerinage d'au revoir, que ma principale impulsion est de m'arrêter pour manger. Je dois m'en souvenir pour mon roman sur la France et la gourmandise, Aigues Mortes ou le Centre du Monde, que je prévois d'écrire à Melbourne.
01:25 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nostalgie, souvenir, gastronomie
04.07.2009
France - 4 septembre 2008
Se retirer d'un lieu, doucement, pour en partir. En prenant mon temps, je dis au revoir à Paris. Je me suis assis, tout à l'heure, à l'Autre café, rue Jean-Pierre timbaud, où j'allais souvent au début de ma thèse. En face, au 49 rue Jean-Pierre Timbaud, l’immeuble où j'avais visité, vers Noël pendant l'agrégation un studio qui m'avait plu, mais que je n'avais pas eu. Ironie d'une ville où l'on est bien implanté, juste en dessous, l'ex d’une amie vient d’ouvrir un café littéraire, l'Ogre à Plumes, apparemment célèbre – y sont venus Podalydès et David Barnes, directeur du théâtre-cirque où m'avait amené l’un de mes profs à Strasbourg, pour un mémorable Roméo et Juliette.
Avant ça, je me suis arrêté pour manger un Giant au Quick du métro Belleville, où j’allais avec Ahmed – et par nostalgie de mon enfance où je préférais Quick à Mc Donald’s. A présent, je suis sur la « place à bobos », qui fait l'angle des rues St Maur et Oberkampf, haut lieu du branché 90s, fréquenté toujours par des trentenaires à la mode. En face, l'immeuble où vivait Yannicke, violiste des Sorbonne Scholars. A côté, le bar Meccano, où Julien m’avait donné rendez-vous la première fois que nous nous sommes revus à Paris. L'immeuble où Sacha, l'ami d'Héraklès, avait visité un studio qu'il avait finalement décidé de ne pas louer. Juste au dessus de la coopérative italienne où, longtemps, je n'ai pas osé rentrer, jusqu'à cette année. Puis le magasin de fleurs où, deux fois, j'ai acheté des roses pour Alain, pendant ces quelques semaines de passion brûlante. Et derrière moi, le « célèbre café charbon », où j'ai passé pas mal de temps temps, le bar sans nom de la rue Oberkampf où j'ai pris un verre un soir avec Alain, le Sher Khan dont me parlait toujours Jean-François, où nous sommes allés le dernier soir, le hammam sur cour où je ne suis allé qu’une seul fois, la rue de Ménilmontant, où j'ai deux fois acheté meubles et lit. L'appartement de Valérie, celui d'Elise. La bague de Kenza, la librairie du monde arabe ; et d'autres itinéraires, d'autres souvenirs, d'autres magasins, bars et restaurants dans lesquels je suis allé, devant lesquels je me suis arrêté, que je quitte, auxquels je commence à dire au-revoir. Adieu ?
01:14 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nostalgie, mémoire, adieu, carte émotionnelle
18.06.2009
France - 25 août 2008
Venise est pleine de français. Tout à l'heure, en marchant depuis la Ferrovia vers le Rialto, j'en ai croisé quatre ou cinq petits groupes – sans doute, il y en a beaucoup plus parmi les touristes. Il faut dire que, depuis la France, Venise n'est pas très loin. Dans le compartiment du train de nuit, pour venir, nos compagnons avaient tous des liens avec la région : un homme d'une quarantaine d'années était marié à une italienne d'Udine, un jeune blond de 25 ans venait voir sa famille maternelle, entre Venise et Trieste. Ils comparaient la durée du voyage en voiture ou en train – 10 ou 12 heurs pour le premier, par l'Allemagne et la Suisse ou par les tunnels des Alpes, 14h pour le second, mais c'est moins fatigant. Sans compter Ryan Air, qui fait un Beauvais-Trévise.
En quittant la France, je ne quitte pas seulement la France, mais aussi Ryan Air et Venise à 14 heures de train, 70€ l'aller-retour en billets Prem's, un jour et demi de salaire à mon tarif actuel, dix ou douze places de cinéma, la facture de portable ou de cigarettes mensuelle que je n'ai pas. « Gave-toi des choses qui te manqueront là-bas », m'a dit Nathalie. Peut-être Venise ? Je suis assis par terre, au bout d'un sottoportego, près d'un canal. Je vois pour la première fois, dans l'eau verte, en dessous d'un canot, nager les petits poissons. Bruits de marteau, de radio, voix en diverses langues, et le parfum – léger pour l'été – du canal et de l'eau stagnante. Aujourd'hui, je suis un peu mélancolique à l'idée de quitter l'Europe.
Et pourtant, je parlais avec Angela, qui me dit « I would feel claustrophobic here. » Pas à Venise, à Paris. Manque d'espace, manque de vide. La ville est belle, on y vit bien, les glaces, à condition d'avoir l'oeil, et le café, les pizzas, les pêches sont meilleures aussi qu'ailleurs. Et tout est beau. Mais quand on a, de la sorte, apprécié l'existence, le goût des choses et le plaisir des yeux, cela suffit-il ? Peut-être...
A Paris, je vivais, je crois, dans la nostalgie permanente, et me lamentais de ne pas être en Italie (Grèce, Marseille, sud, beauté, Vienne, en somme, ailleurs.) Sans pour autant faire mes bagages, et partit vivre, ici, « wo die Zitronen blühen ». Poi, quand je vois les jeunes, et les vieux, que je lis ce qu'on y publie, la vie semble étouffante autant qu'à Paris, plus même, si plus agréable. Alors allons, partons vers les grands espaces, où l'on respire. Adelaide, Melbourne, et le désert ou le bush des antipodes.
J'espère, là-bas, n'avoir pas cette nostalgie du sud ; puis, tout de même, à Melbourne, on voit des citronniers dans les jardins, qui fleurissent.
05:11 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : voyage, tourisme, nostalgie, europe, low cost, sud, citronniers
06.04.2009
Australie - 22 mars 2008
« Elle est bien nulle part », disait aujourd’hui ma grand-mère d’une Madame Comte, fille d’Aigues-Mortes, qui a vécu toute sa vie en australie. « Quand elle est là-bas, Aigues-Mortes lui manque, et quand elle est ici, c’est l’Australie qui lui manque. » Oui, mais à 90 ans, pendant qu’on refait sa maison d’Aigues-Mortes, elle prend l’avion pour aller voir sa fille en Australie.
« Elle a dit qu’elle irait la prendre à Singapour. »
11:15 Publié dans australie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nostalgie, vieillesse, migration, liberté
30.03.2009
Japon - 14 mars 2008
Je vais aller sur une île. A l'autre bout du monde. Au Japon. Je vais à Tokyo. Chez Claire Jacqmin, que j’ai connu quand j'avais trois ans. Elle enseigne à Keio, m'invite à faire une conférence linguistique au Japon. Je connais indirectement le pays, par Jean François, qui avait passé presque un mois là-bas, dans la famille de Nobuko, puis par Katsuya, l'étudiant de Philip.
Avant cela, je connaissais le Japon par les dessins animés. Retrouver Claire à Tokyo me ramène à quand j'étais enfant, que j'enregistrais « Les chevaliers du zodiaque » à la télévision. Vague mythologie, vieux sage de la montagne, et cette princesse aux cheveux violets qui jouait une sonate de Mozart, devenue mon morceau de musique préféré.
12:51 Publié dans Japon | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dessins animés, nostalgie, enfance, dessins-animés


