23.11.2009
Thailande - 30 octobre 2008
Prémisses d’Asie du sud-est à Lamma, petite île au sud d’Hong-Kong, où nous sommes allés pour l’après-midi. Ferry depuis Pier 4, Central, pour 17,70$, et l’on se retrouve dans un village de pêcheurs au fond d’une crique : bateaux et plate-formes flottantes, remplissant presque le port, collines rocheuses à l’arrière-plan, série de restaurants avec terrasses sur pilotis le long du quai. Nous nous arrêtons dans un endroit qui paraît populaire – terrasse presque pleine, de locaux semble-t-il, pas de nappes, un menu sur le côté, prix raisonnables (15$ pour un plat de pieuvre et riz, contre 50 ou 60 dans les restaurants précédents.) Je réfléchis à cet aspect du commerce et du racolage : ici, personne ne s’est jeté sur nous pour nous inviter à manger, brandissant un menu plastifié bilingue. Mais ces gens qui, dans la rue, devant les restaurants, racolent le touriste, il faut bien les payer. Les prix sont donc nécessairement plus élevés. De la même façon que les prix des hamburgers Mac Donald’s sont toujours plus élevés, pour la même quantité et qualité de nourriture, que ceux du petit restaurant local, puisqu’il faut dégager de l’argent pour payer les dividendes aux actionnaires.
Bref, nous mangeons là, de la nourriture simple – poisson sauce aigre-douce et nouilles sautées, café frappé au lait condensé sucré, dans un environnement typique, avec les pêcheurs et les travailleurs du coin, pour moins de 100 $ à deux. Sans doute même la moitié. Des ventilateurs s’agitent au dessus de nos têtes. On nous parle en anglais, mon peu de mandarin ne sert à rien. L’air sent la mer et la pêche. Penchée par dessus la rambarde, une femme qui travaille dans le restaurant jette aux poissons les restes de nouilles sautées laissées par un client.
06:42 Publié dans Thailande | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : restaurant, terrasse, vacances, nourriture, commerce, racolage, publicité.
07.11.2009
France - 25 octobre 2008
Sur Ginza, « les Champs-Elysées de Tokyo », je me sens plus proche de Paris qu'en aucun autre endroit. Marques de luxe, évidemment : L'Occitane, Ladurée, Louis Vuitton. La nourriture hyper-luxueuse au sous-sol du grand magasin que nous fait visiter Claire : les gâteaux, les chocolats, les petites choses au poisson, cela ressemble à la Grande Epicerie du Bon Marché. Même niveau de luxe, même service discret, même attention aux détails. Puis nous mangeons dans un restaurant de tofu délicieux le menu dégustation, pour 3600 yens par personne, une succession de petits plats subtils et raffinés, tous au tofu, servi dans de la jolie vaisselle, en petites portions. Le service, contrairement à la Chine, n'est pas excessivement prévenant, pas insistant. Les clients sont, de même, plus retenus, sobres. Et l'endroit dégage une grande élégance, un raffinement parfait. Comme en France – à Paris – donc, le même goût du détail, et la même ritualisation des repas ; comme, dans les repas nouvelle cuisine, on n'a pas grand chose dans l'assiette, mais chaque chose est à la fois subtile et surprenante, réveillant goûts et consistances inattendus mais plaisants. Corollaire à ce raffinement, la tristesse ambiante, la névrose, et la cruauté. Prix de la perfection culinaire. Et je serai content de quitter Tokyo, comme j'étais heureux de quitter Paris.
05:51 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : luxe, nourriture, marques, détail, restaurant, élégance, rituel, tension.
25.10.2009
Malaisie - 20 octobre 2008
A Hong-Kong, première apparition de la Malaisie depuis notre départ, sous la forme de plusieurs restaurants malais-thaïs, dans une sorte de cul-de-sac, sur Wing-Wok lane.
22:32 Publié dans Malaisie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : restaurant, nourriture
30.09.2009
Chine - 11 octobre 2008
Canard laqué grand style, Da Dong : Ming nous a trouvé ce fabuleux restaurant, juste à côté de l’auberge où nous logions. Rituel de la peau, petites crêpes, présentation de la tête ; puis on nous sert un trou normand à la pékinoise, glace à la courge et crème de tofu, puis jujubes et melon sur lit de fumée.
Vers 4 heures, je me suis installé dans un tea house juste à côté de ce restaurant. Très chic, terriblement chic. A ma droite, un aquarium mural me sépare de la rue. De l’eau coule le long de la muraille, agitant la surface de l’aquarium. A ma droite, encadrement de bois sculpté, grande plante en pot, salle rouge. Un chinois d’une trentaine ou quarantaine d’années est assis là, téléphone portable à la main, toute une série d’instruments complexes devant lui. Je ne suis pas rentré sans hésiter : Ming est avec une copine, Philip suit quelqu’un, je passe l’après-midi seul. Mais j’ai voulu tenter – j’aimais cette muraille d’eau, j’avais besoin de calme et de repos, je ne voulais pas attendre une heure et quart au bord de la voie rapide le rendez-vous de 6h30 avec Ming, ou m’installer dans le starbucks du Pacific Mall. Le chinois me regarde, intrigué – j’ai sans doute commis déjà quinze faux pas majeurs, quand les trois serveuses en robe longue m’ont proposé « lu cha », et que j’ai demandé juste un verre de thé amer de Hainan. Tant pis, je suis là, j’ai mon carnet à la main, mon livre, et j’ai l’impression de découvrir quelque chose. On est bien, dans ces salles de thé.
Les toilettes du salon de thé sont, du sol au plafond, couvertes de mosaïque or et noir. Au centre, la fosse émaillée des toilettes à la turque, avec la marque en lettres dorées : Toto. Sur la cuvette, une ligne de marron, trace d’un précédent passage. Aucune brosse à disposition pour l’effacer. Même dans les endroits les plus luxueux, donc, le sale reste sale : j’ai fait la même expérience à midi, dans le restaurant de canard laqué.
Dernière soirée : restaurant italien, Gino café. Musique gitane en boucle (lai, lo lai lo lai), pizza, pâtes et poulet méditerranéen. Dehors, devant le stade des travailleurs, des quarantenaires et cinquantenaires dansent la salsa : mouvements plutôt militaires, peu de déhanché. Une femme en bleu, toute seule, sautille sur place avec un grand sourire.
09:22 Publié dans Chine | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nourriture, restaurant, étiquette, thé, toilettes, sale, danse, exotisme, occident


